Résumé : La norme hygiène tatouage en France repose sur le décret de 2008, renforcé par l’arrêté du 5 mars 2024 imposant une certification de 21 heures renouvelable tous les 5 ans.
En 2017, 14 % de la population française et 27 % des moins de 35 ans portaient au moins un tatouage selon l’IFOP. Depuis, la pratique n’a cessé de croître, et avec elle, les exigences sanitaires qui encadrent le métier. Chaque effraction cutanée expose à un risque infectieux réel ; respecter la norme hygiène tatouage n’est donc pas une option, c’est une obligation légale et éthique.
Le cadre réglementaire français a connu une évolution majeure en 2024. L’arrêté du 5 mars 2024 fixe les nouvelles conditions de la formation obligatoire des personnes qui mettent en œuvre les techniques de tatouage par effraction cutanée et de perçage corporel. Que vous soyez professionnel en activité, futur tatoueur ou simplement client soucieux de votre sécurité, comprendre ces règles est essentiel.
Le socle réglementaire : du décret de 2008 à l’arrêté de 2024

La réglementation sanitaire du tatouage en France repose sur un socle fondateur. Le décret n° 2008-149 du 19 février 2008 fixe les conditions d’hygiène et de salubrité relatives aux pratiques du tatouage avec effraction cutanée et du perçage. Ce texte a été complété par plusieurs arrêtés structurants, notamment l’arrêté du 11 mars 2009 relatif aux bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité pour la mise en œuvre des techniques de tatouage par effraction cutanée, y compris de maquillage permanent et de perçage corporel.
En 2024, le législateur a franchi un palier supplémentaire. L’arrêté du 5 mars 2024 prévoit la transformation de la formation hygiène et salubrité obligatoire en une véritable certification. Ce texte a ensuite été ajusté par l’arrêté du 11 octobre 2024 modifiant l’arrêté du 5 mars 2024, qui précise notamment les dispositions transitoires et les équivalences.
Le ministère de la Santé reste l’autorité compétente pour fixer ce cadre. Au sein du ministère, c’est la Direction Générale de la Santé (DGS) qui fixe le cadre législatif, tandis que les Agences Régionales de Santé (ARS) veillent à la sécurité sanitaire en région et procèdent au contrôle des professionnels sur le terrain.
La formation certifiante hygiène et salubrité : 21 heures obligatoires
Toute personne souhaitant pratiquer le tatouage doit obtenir une certification préalable. Les personnes qui mettent en œuvre les techniques de tatouage doivent suivre une formation préalable d’une durée minimale de 21 heures réparties sur 3 jours, dont 7 heures consacrées à la formation pratique. Elle comporte une partie théorique et une partie pratique.
Le programme couvre neuf unités pédagogiques précises. Parmi les plus essentielles : la stérilisation, la désinfection du matériel, des instruments et des dispositifs utilisés, ainsi que l’enregistrement des processus et la traçabilité ; les procédures d’asepsie pour un geste de tatouage ou de perçage corporel ; ou encore les règles de protection du travailleur, y compris les règles de gestion des accidents d’exposition au sang et les obligations vaccinales.
La personne qui a suivi cette formation en totalité et validé le contrôle des connaissances se voit délivrer par l’ARS une certification, valable 5 ans. Son renouvellement nécessite une mise à jour des compétences d’une durée minimale de 7 heures. La certification est obtenue si le candidat satisfait à un minimum de 75 % des critères d’évaluation.
Déclaration d’activité et obligations administratives
Obtenir la certification ne suffit pas. Les professionnels du tatouage, y compris du maquillage permanent et du perçage corporel, ont l’obligation de déclarer au préalable la création, la cessation et le transfert de leur activité auprès de l’ARS. Cette déclaration doit être accompagnée d’une attestation de formation aux règles d’hygiène et de salubrité. Cette déclaration ARS est consultable par les autorités de contrôle.
Le professionnel doit également informer chaque client, par écrit et oralement, des risques liés à la pratique. Si le client est mineur, l’accord du parent ou tuteur est nécessaire. Le tatoueur doit être formé, déclarer son activité à l’ARS et informer son client des risques. Le tatoueur doit être en mesure, pendant 3 ans, de présenter la preuve de ce consentement aux autorités de contrôle.
Sur Service Public, une fiche officielle récapitule l’ensemble de ces obligations pour les particuliers et les professionnels.
Les règles sanitaires en studio : protocole étape par étape
Le respect des bonnes pratiques d’hygiène au quotidien constitue le cœur de la norme. Chaque séance de tatouage doit suivre un protocole rigoureux, dont voici les étapes clés définies par la réglementation et recommandées par le Syndicat National des Artistes Tatoueurs (SNAT).
Le professionnel doit d’abord procéder au nettoyage antiseptique des mains, puis enfiler des gants d’examen à usage unique. La table de travail est désinfectée et recouverte d’un champ à usage unique (film plastique) sur lequel sont déposées capsules, encres, eau de rinçage et vaseline. La peau à tatouer fait l’objet d’une antisepsie dermique, suivie d’un rasage si nécessaire.
Vient ensuite la règle fondamentale du « No Touch » : le tatoueur ne doit rien toucher qui ne soit protégé par un film plastique ou à usage unique pendant toute la durée du geste. Si un objet non protégé doit être manipulé, les gants doivent être retirés, les mains désinfectées, et de nouveaux gants enfilés.
Matériel stérile et traçabilité : aiguilles, cartouches et autoclave

La stérilité du matériel pénétrant la barrière cutanée est un principe fondamental. Les aiguilles de tatouage sont systématiquement à usage unique et doivent être éliminées après chaque utilisation dans des conteneurs à déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRIA).
Pour les supports d’aiguilles, deux options existent. Les supports réutilisables, généralement en acier inoxydable, doivent être stérilisés après chaque utilisation via un protocole incluant prédésinfection, nettoyage et passage à l’autoclave. Les cartouches à usage unique, intégrant support et aiguilles, sont vendues stériles et dispensent le professionnel de disposer d’un autoclave.
Le décret n° 2016-1590 du 24 novembre 2016 encadre les déchets assimilés à des déchets d’activités de soins à risques infectieux et les appareils de prétraitement par désinfection. Le professionnel doit assurer la traçabilité de chaque lot de matériel utilisé : numéro de lot, date de péremption et preuve d’achat doivent être conservés.
La norme européenne NF EN 17169 : un complément harmonisé
Au delà du cadre français, les pratiques de tatouage en France doivent aussi se conformer à la norme européenne NF EN 17169 (janvier 2020), qui établit les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité dans les studios. Cette norme complète la réglementation de santé publique française et garantit des standards professionnels harmonisés au sein de l’UE.
Considérant l’influence de cette norme européenne, publiée en 2020, la réforme de la formation française était attendue. Cette norme couvre l’aménagement des locaux, les procédures d’asepsie, la gestion des déchets et la formation continue. Elle constitue un gage de confiance supplémentaire pour les clients exigeants.
Pour les tatoueurs spécialisés, cette double conformité (réglementation française et norme européenne) représente un véritable atout professionnel. L’accès à une certification reconnue renforce la crédibilité auprès d’une clientèle de plus en plus informée.
Dispositions transitoires et cas particuliers
La transition entre l’ancien régime de 2008 et la nouvelle certification n’est pas instantanée. Les organismes de formation peuvent continuer, jusqu’en septembre 2025, à délivrer des formations conformément à l’ancien arrêté de 2008, dans l’attente de pouvoir dispenser la nouvelle formation. La publication sur Légifrance détaille l’intégralité du dispositif.
Pour les professionnels déjà formés sous l’ancien régime, il n’y a pas d’obligation de suivre une nouvelle formation de 21 heures : il faut obtenir une équivalence de certification en réussissant l’évaluation prévue (écrit type QCM, réalisable en distanciel, et contrôle pratique en présentiel), validée par un jury. En cas d’échec, le professionnel devra suivre une nouvelle formation complète de 21 heures.
Concernant les conventions de tatouage, tout tatoueur non certifié doit participer à une formation spécifique de 7 heures, réalisable en distanciel, dispensée par un organisme habilité, qui délivre une attestation valable un an. Cette disposition concerne notamment les artistes étrangers participant à des événements ponctuels en France.
Un studio de tatouage professionnel respectant l’ensemble de ces obligations se distingue naturellement aux yeux d’une clientèle soucieuse de sécurité.
Comment vérifier qu’un tatoueur respecte les normes d’hygiène
En tant que client, plusieurs indices permettent de s’assurer qu’un tatoueur exerce dans le respect de la réglementation. Vérifiez d’abord que le professionnel affiche sa certification hygiène et salubrité dans un endroit visible du studio. Demandez à voir la date de validité ; elle ne doit pas être expirée.
Observez ensuite le protocole en direct : ouverture d’aiguilles neuves devant vous, port de gants, désinfection des mains, protection du plan de travail par un film plastique neuf. Le professionnel doit aussi vous remettre un document d’information sur les risques avant la séance.
La vaccination contre l’hépatite B des personnes qui pratiquent ces actes est fortement recommandée. Vous pouvez également vérifier que le tatoueur est bien déclaré auprès de l’ARS de sa région. Un artiste en serieux affichera volontiers ces garanties, signe de transparence et de professionnalisme.
Notre annuaire référence des profils vérifiés pour vous permettre d’identifier rapidement un professionnel conforme aux exigences sanitaires en vigueur.
La norme hygiène tatouage en France constitue l’un des cadres les plus structurés d’Europe. Depuis le décret fondateur de 2008 jusqu’à la certification renforcée de 2024, le législateur a progressivement construit un système exigeant, au bénéfice de la santé publique et de la professionnalisation du métier. Pour les clients, ces règles sont un filet de sécurité ; pour les tatoueurs, elles représentent un socle de crédibilité indispensable. En facilitant la mise en relation entre particuliers et professionnels vérifiés partout en France, nous contribuons à rendre ces exigences visibles et accessibles. Pour trouver un professionnel qui correspond à vos attentes et respecte ces standards, explorez notre annuaire national de tatoueurs.
Questions fréquentes
La formation hygiène et salubrité est elle obligatoire pour tous les tatoueurs ?
Oui, toute personne pratiquant le tatouage par effraction cutanée en France doit détenir une certification hygiène et salubrité délivrée par l’ARS. Cette obligation concerne aussi le maquillage permanent et le perçage corporel. L’absence de certification expose à des sanctions.
Combien de temps la certification hygiène tatouage est elle valable ?
La certification est valable 5 ans à compter de sa délivrance. Le renouvellement nécessite une mise à jour d’au moins 7 heures. Sur notre annuaire, les profils professionnels vérifiés vous garantissent de contacter des tatoueurs en conformité avec ces obligations.
Le tatouage à domicile est il autorisé en France ?
Non, le tatouage au domicile du client est interdit par la réglementation française. Le geste doit être réalisé dans un local dédié et déclaré, répondant aux exigences d’hygiène et de salubrité fixées par le Code de la santé publique.

